Derrière mon armure

Quand j’ai commencé à parler autour de moi de l’autisme de mon garçon, je suis comme devenue une référence. J’aime beaucoup sensibiliser les gens à notre réalité et surtout de pouvoir être une voix pour lui. J’ai lancé une page Facebook où je partage nos hauts et nos bas, mais surtout où j’essaie d’encourager les autres familles. Puis, je me suis lancé sur instagram où j’ai pu bâtir une belle communauté.

J’essaie à tous les jours de montrer et de donner le meilleur de moi-même. Toute ma patience, mon amour, ma détermination, mon énergie sont très souvent sollicités. Les gens autour de moi trouvent que je suis forte, courageuse, inspirante et je trouve ça super flatteur et valorisant. Je me sens comme une Wonderwoman bravant la tempête de l’autisme et du chaos quotidien qui vient avec 4 enfants en bas âge. Depuis peu, je dois trouver un nouvel équilibre en tant que mère monoparentale et ne pas oublier de mettre mon chapeau d’enseignante pour mon fils de 7 ans avec qui je fais l’enseignement à domicile. J’essaie de jongler avec mes différents rôles et responsabilités sans trop faire tomber de balles. Encore là, on me regarde et on me dit : Wow ! Comment tu fais !

Comme une attraction dans un cirque, j’épate la galerie avec mes talents de femme forte et résiliente qui avance tête première comme si rien pouvait l’arrêter.

 

Aussitôt que tout le monde dort, que j’ai un semblant de temps pour moi, c’est souvent le seul moment où je me permets d’enlever mon armure. Dans le simili silence, souvent, je m’écroule et je pleure. Je pleure toutes les larmes que j’ai retenues toute la journée. Je pleure parce que je suis une maman épuisée. Je pleure parce qu’aujourd’hui, j’ai dû encore entendre des commentaires plates en sortant de chez moi avec mon garçon. Je pleure parce que je rage en-dedans, je rage du manque de services pour notre famille. Je rage de toute l’injustice et les préjudices qu’on vit. Je pleure parce qu’un ami a rejeté mon garçon. Je pleure de m’être fait gifler, mordre, cracher au visage par mon fils qui n’a pas eu une bonne journée. Je pleure de jalousie parce que j’envie secrètement la simplicité de la vie de famille de mon amie. Je pleure parce que j’ai lu un texte touchant qui parle de l’autisme d’une manière si belle. Je pleure parce que j’ai vu une famille unie, un couple qui s’aime. Je pleure parce que j’ai peur de demain. Je pleure parce que je rêve d’un Québec tolérant. Bref, je pleure parce que ça me fait du bien!

C’est correct d’être forte et de se battre quand c’est le temps, mais c’est aussi crucial de se permettre d’être vulnérable. Le combat que je livre au quotidien est difficile et j’ai le droit de trouver ça difficile. J’ai le droit de pleurer et de m’avouer vaincue!

Et puis après, je pars me coucher et au matin, je remets mon armure et je retourne au combat, plus forte que jamais.

Maman Bleue

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